Les dynasties des rois de France : Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens, Valois, Bourbons
Les cinq dynasties de la monarchie française : comment chacune commence et finit, les règles de succession, la loi salique, de Clovis à Louis-Philippe.
Mis à jour le 16 septembre 2026

Fiche
Mérovingiens 481-751, Clovis → Childéric III · Carolingiens 751-987, Pépin le Bref → Louis V · Capétiens directs 987-1328, Hugues Capet → Charles IV · Valois 1328-1589, Philippe VI → Henri III · Bourbons 1589-1792 et 1814-1830, Henri IV → Charles X ; Orléans 1830-1848, Louis-Philippe · Bonaparte 1804-1815 et 1852-1870, empereurs
De Clovis à Louis-Philippe, la France a eu trois familles royales et cinq dynasties, et ce n'est pas une contradiction : les Capétiens, qui règnent de 987 à 1848, se divisent en trois branches — directs, Valois, Bourbons — qu'on compte à part parce que le passage de l'une à l'autre a chaque fois été une crise. Cet article donne le fil : comment chaque dynastie commence, comment elle finit, et les règles qui, peu à peu, ont fait de la couronne de France la plus stable d'Europe. Pour la liste des rois, voir tous les rois de France ; pour les dates, la chronologie.
Les cinq dynasties en un tableau#
| Dynastie | Durée | Rois | Comment elle commence | Comment elle finit | Synthèse |
|---|---|---|---|---|---|
| Mérovingiens | 270 ans | ~30 | Clovis, chef franc, conquiert la Gaule | Le maire du palais dépose le dernier roi (751) | lire |
| Carolingiens | 236 ans | 15 | Pépin élu et sacré avec l'accord du pape | Louis V meurt sans enfant (987) | lire |
| Capétiens directs | 341 ans | 15 | Hugues Capet élu par les grands | Charles IV meurt sans fils (1328) | lire |
| Valois | 261 ans | 13 | Philippe VI, cousin, préféré à Édouard III | Henri III assassiné sans enfant (1589) | lire |
| Bourbons | 203 ans (avec Orléans) | 8 + 1 | Henri IV, cousin au 22e degré, hérite | Révolutions de 1792, 1830, 1848 | lire |
| Bonaparte | 11 + 18 ans | 2 | Coup d'État, plébiscite, sacre | Invasions de 1815 et 1870 | lire |
Comment on devenait roi : quatre règles, apparues l'une après l'autre#
L'élection, puis l'hérédité. Le roi franc est d'abord élu par les grands, dans une famille : les Mérovingiens partagent le royaume entre tous les fils, les Carolingiens aussi. Hugues Capet invente la parade : faire sacrer son fils aîné de son vivant. Répétée pendant deux siècles, la pratique fait de l'hérédité une évidence ; Philippe Auguste est le dernier à y recourir (1179), Louis VIII le premier à s'en passer (1223).
La primogéniture masculine. Le royaume ne se partage plus : l'aîné prend tout, les cadets reçoivent des apanages — des terres qui reviennent à la couronne si leur lignée s'éteint. C'est ce qui a permis au domaine royal de grandir sans se défaire, à l'inverse de l'empire de Charlemagne.
L'exclusion des femmes. En 1316, Philippe V écarte sa nièce ; en 1328, les barons écartent Édouard III, petit-fils de Philippe le Bel par sa mère. La règle est fixée : ni les femmes, ni ceux qui tiennent leur droit d'une femme. On l'habille au XIVe siècle du nom de « loi salique », en invoquant un article du vieux code franc sur l'héritage des terres — un argument juridique inventé après coup, mais qui a évité à la France les guerres de succession qui ont déchiré l'Angleterre, l'Espagne et l'Autriche.
L'instantanéité et l'indisponibilité. Depuis Philippe III (1270), le roi l'est à la mort de son prédécesseur, avant tout sacre — « le roi est mort, vive le roi ». Et depuis la fin du XVIe siècle, la couronne est indisponible : le roi ne peut ni la léguer, ni la céder, ni l'abdiquer en faveur de qui il veut ; elle va à l'héritier désigné par la loi, fût-il protestant. C'est ce qui a fait Henri IV roi contre la Ligue, et ce qui a rendu nul le traité de Troyes (1420) qui donnait la France au roi d'Angleterre. On y ajoute la catholicité : Henri IV a dû abjurer pour être sacré.
Les quatre changements de dynastie#
751 : Pépin remplace Childéric. Le pouvoir avait glissé au maire du palais ; il manquait le titre. Le pape le donne, l'onction le consacre. Première leçon : en France, la légitimité vient d'en haut — de Dieu, par l'Église — et non de la seule force.
987 : Hugues remplace Louis V. Le Carolingien meurt sans fils ; son oncle Charles de Lorraine a le sang, le duc des Francs a le pouvoir et l'appui de l'archevêque de Reims. Les grands choisissent le second. Deuxième leçon : l'élection existe encore, et elle choisit le plus capable de défendre le royaume.
1328 : les Valois remplacent les Capétiens directs. Pas de coup de force, pas d'élection : une assemblée de barons applique une règle, la primogéniture masculine, contre le roi d'Angleterre. Le prix est la guerre de Cent Ans ; le bénéfice est une France qui ne devient pas anglaise.
1589 : les Bourbons remplacent les Valois. Henri III, en mourant, désigne son héritier légal, un cousin lointain et protestant. Ni la Ligue, ni l'Espagne, ni la moitié du royaume ne l'acceptent ; la loi l'emporte pourtant, parce que le roi se convertit et parce que les Français préfèrent un roi français. Quatrième leçon : la couronne est plus forte que la religion du roi, mais le roi doit être de la religion du royaume.
Ce qui ne change pas#
Le sacre à Reims, de Pépin à Charles X (la cérémonie). Les fleurs de lys, des Capétiens à 1830. Saint-Denis, nécropole de Dagobert à Louis XVIII. Le titre de roi Très Chrétien. La continuité d'un domaine qui ne cesse de grandir : trois départements en 987, le royaume en 1789. Et une famille : depuis Hugues Capet, tous les rois — Valois, Bourbons, Orléans — descendent du même homme par les hommes ; par les femmes, ils descendent de Charlemagne et, dit-on, de Clovis. La Révolution a jugé Louis XVI sous le nom de « Louis Capet » : elle savait ce qu'elle tranchait.
Ce qu'il en reste#
Une manière de penser le pouvoir que Burke aurait appelée la prescription : une institution qui a duré mille ans a fait ses preuves, et ses règles — hérédité, indisponibilité, continuité — ne sont pas des caprices mais des leçons tirées de chaque crise. Bainville l'a résumé : la France est une monarchie qui a réussi, parce que ses rois, à chaque génération, ont pensé au suivant. Les prétendants d'aujourd'hui, Orléans et Anjou, se disputent encore sur ces règles — preuve qu'elles vivent.
À retenir
- Trois familles, cinq dynasties, plus les Bonaparte : 481-1848.
- Règles de succession, apparues l'une après l'autre : hérédité (sacre anticipé), primogéniture masculine, exclusion des femmes (1316-1328), instantanéité (1270), indisponibilité et catholicité (1589-1593).
- Deux changements par coup de force légitimé (751, 987), deux par extinction (1328, 1589).
- Tous les rois de 987 à 1848 descendent d'Hugues Capet en ligne masculine.
Pour aller plus loin#
- Les six synthèses : Mérovingiens · Carolingiens · Capétiens directs · Valois · Bourbons · Bonaparte.
- Hugues Capet, l'homme de 987 ; Henri IV, l'homme de 1589.
- Tous les rois de France et la chronologie.
- Combien y a-t-il eu de rois de France ? — le compte, dynastie par dynastie.
- La loi salique : ce qu'elle dit vraiment — la règle qui a fait passer la couronne des Capétiens aux Valois puis aux Bourbons.
- Les rois de France pour les enfants : la fiche CM1-CM2 — les cinq dynasties et les sept rois du programme scolaire, en version révision.
Sources#
- Jacques Bainville, Histoire de France, 1924 — Gallica
- Jean Barbey, Être roi. Le roi et son gouvernement en France de Clovis à Louis XVI, Fayard, 1992.
- Ralph E. Giesey, Le Rôle méconnu de la loi salique, Les Belles Lettres, 2012.
Questions fréquentes#
Combien de dynasties ont régné sur la France ?
Trois familles : les Mérovingiens (481-751), les Carolingiens (751-987) et les Capétiens (987-1848). Les Capétiens se divisent en trois branches successives — Capétiens directs, Valois, Bourbons — d'où l'habitude de compter cinq dynasties. Les Bonaparte, empereurs, s'y ajoutent au XIXe siècle.
Comment passait-on d'une dynastie à l'autre ?
Deux fois par un coup de force légitimé (751, 987 : le plus puissant remplace un roi sans pouvoir ou sans héritier), deux fois par extinction de la ligne mâle (1328, 1589 : la couronne passe au cousin le plus proche par les hommes). Jamais par conquête étrangère.
Qu'est-ce que la loi salique ?
La règle qui exclut les femmes, et les descendants par les femmes, de la succession au trône de France. Établie en pratique en 1316 et 1328, justifiée après coup par un article du code des Francs saliens, elle est devenue une loi fondamentale du royaume.
Les rois de France descendent-ils tous de Clovis ?
Non : les Carolingiens et les Capétiens sont des familles différentes des Mérovingiens. En revanche, tous les rois de 987 à 1848 descendent d'Hugues Capet en ligne masculine, et les Capétiens descendent de Charlemagne par les femmes.