François Ier : biographie du roi de la Renaissance (1515-1547)
Biographie de François Ier (1515-1547) : Marignan, Pavie, rivalité avec Charles Quint, concordat de Bologne, Villers-Cotterêts, Chambord et la Renaissance.

Fiche
Né le 12 septembre 1494, à Cognac · Mort le 31 mars 1547, à Rambouillet · Règne 1515-1547 (32 ans) · Sacre 25 janvier 1515, à Reims · Dynastie Valois, branche d'Angoulême · Père Charles d'Orléans, comte d'Angoulême · Mère Louise de Savoie · Épouses Claude de France (1514), Éléonore d'Autriche (1530) · Prédécesseur Louis XII · Successeur Henri II · Surnom le Père et Restaurateur des lettres, « François au grand nez » · Enterré à Saint-Denis
Le 14 septembre 1515, à la fin du deuxième jour de combat, un roi de vingt ans fait venir Bayard et lui demande de l'armer chevalier sur le champ de bataille. Les Suisses, tenus pour invincibles, viennent de céder devant l'artillerie française : c'est Marignan. François Ier, l'un des rois de France les plus populaires, est le roi des commencements éclatants et des fins difficiles : un chevalier, un mécène, un bâtisseur, un homme dont le royaume sort plus riche de beauté, mieux gouverné, mais épuisé par la guerre.
Avant le trône : l'héritier inattendu#
Il naît à Cognac, dans une branche cadette. Son père meurt en 1496 ; sa mère, Louise de Savoie, veuve à dix-neuf ans, se consacre tout entière à ce fils qu'elle appelle « mon roi, mon seigneur, mon Cæsar » et à sa sœur Marguerite, future reine de Navarre. Sans fils, Louis XII fait de lui son héritier et lui donne sa fille Claude, qui apporte la Bretagne : le mariage est célébré en mai 1514. Louis XII meurt le 1er janvier 1515. François est sacré à Reims moins d'un mois plus tard.
Le règne#
Marignan et la paix perpétuelle (1515-1519)#
Le jeune roi franchit les Alpes par des cols réputés impraticables, surprend l'armée suisse qui tenait Milan, et la bat à Marignan (13-14 septembre 1515). Le duché de Milan revient à la France ; avec les cantons suisses, il conclut en 1516 la « paix perpétuelle » de Fribourg, qui tiendra jusqu'à la Révolution et assurera à la couronne ses meilleurs mercenaires.
Le concordat de Bologne (1516)#
Avec le pape Léon X, le roi signe à Bologne un accord qui remplace la Pragmatique Sanction de Bourges : le pape garde l'investiture canonique, mais le roi nomme aux évêchés et aux grandes abbayes. C'est une victoire du pouvoir royal sur l'Église de France, et elle pèsera lourd : la couronne dispose désormais de milliers de bénéfices à distribuer. La conséquence est ambiguë : les évêques deviennent trop souvent des courtisans, et ce choix, resté en vigueur jusqu'en 1790, prépare le gallicanisme et affaiblit le clergé face à la Réforme.
Le rival : Charles Quint (1519-1547)#
En 1519, l'empereur Maximilien meurt. François Ier se porte candidat à l'Empire ; les banquiers Fugger achètent les électeurs pour Charles de Habsbourg, déjà roi d'Espagne, maître des Pays-Bas, de Naples et de la Franche-Comté. La France se trouve enserrée de trois côtés. Le Camp du Drap d'or (1520), fête extravagante avec Henri VIII, ne change rien. La guerre devient permanente : quatre conflits en trente ans.
Pavie, Madrid, Cerisoles (1525-1544)#
Le 24 février 1525, la défaite de Pavie laisse le roi prisonnier, blessé, ses meilleurs capitaines morts. Il écrit à sa mère, dit la tradition, que tout est perdu hormis l'honneur et la vie sauve (la formule exacte est une légende). Captif à Madrid, il signe en janvier 1526 un traité qui cède la Bourgogne ; rentré en France, il le tient pour nul, arraché par la contrainte, et la Bourgogne reste française. Ses deux fils aînés restent en otages jusqu'en 1530, rançon payée.
Le roi cherche ensuite des alliés où il les trouve, y compris chez le sultan Soliman : l'alliance franco-ottomane (1536), scandale en Europe chrétienne, est une manœuvre de survie contre l'encerclement habsbourgeois, non une préférence religieuse, et Soliman n'y gagne qu'une diversion. La victoire de Cerisoles (1544), dernier succès, est sans lendemain. La paix de Crépy (1544) laisse la France sans Milan ni Naples, mais intacte.
Gouverner : le roi, la loi, la langue#
François Ier renforce l'appareil de l'État. L'ordonnance de Villers-Cotterêts (1539) impose le français dans les actes de justice et ordonne aux curés de tenir registre des baptêmes : c'est l'origine de l'état civil. Il crée la Trésorerie de l'Épargne, développe la vénalité des offices — expédient fiscal qui s'ancrera —, et accroît la taille. Le Havre est fondé en 1517 ; Jacques Cartier part pour le Canada en 1534.
Face à la Réforme, le roi hésite, protège sa sœur Marguerite, puis durcit après l'affaire des Placards (octobre 1534), lorsque des affiches injurieuses contre la messe sont apposées jusque sur la porte de sa chambre à Amboise. Des bûchers s'allument ; en 1545, les Vaudois du Lubéron sont massacrés. Ce sont des fautes et des violences que l'honnêteté demande de dire : elles annoncent les guerres de Religion.
La cour et les résidences#
François Ier invente la cour des Valois : mille nobles, dames comprises, la « petite bande » des favorites, la duchesse d'Étampes en tête. Il déserte les bords de Loire pour l'Île-de-France. Il fait raser la tour du Louvre pour le reconstruire en palais, bâtit Chambord, fait de Fontainebleau une vitrine de l'art maniériste avec Rosso et le Primatice. Léonard de Vinci, venu en 1516, s'éteint au Clos-Lucé près d'Amboise en 1519 ; la Joconde, restée en France, entre dans les collections royales. Les lecteurs royaux, fondés en 1530, sont l'origine du Collège de France. Son emblème est la salamandre, avec la devise attribuée « Nutrisco et extinguo ».
Mort et succession#
Malade depuis plusieurs années, il meurt à Rambouillet le 31 mars 1547, un an après avoir fait signer la paix avec l'Angleterre. Henri II, son fils, lui succède. Il laisse à la France un royaume où la Bretagne est rattachée (1532), des finances endettées et une guerre qui n'est pas finie.
Ce qu'il en reste#
François Ier est, avec Louis XIV, le roi que la mémoire française a le mieux gardé, et il le doit à la pierre et à la langue : les châteaux, l'état civil, le français de justice. La Renaissance qu'il a portée n'est pas une rupture avec la chrétienté médiévale, mais un prolongement : le roi commande des Vierges et des églises autant que des galeries. Son bilan militaire est plus sévère. Trente ans de guerre pour Milan n'ont rien donné de durable, et l'effort a coûté au peuple. Mais il a tenu : le royaume n'a pas perdu la Bourgogne, et le pouvoir monarchique en est sorti plus fort.
À retenir
- 1515 : sacre à Reims ; victoire de Marignan.
- 1516 : concordat de Bologne ; paix perpétuelle avec les Suisses.
- 1520 : Camp du Drap d'or.
- 1525 : défaite et captivité de Pavie.
- 1539 : ordonnance de Villers-Cotterêts.
- 1547 : mort à Rambouillet le 31 mars ; Henri II lui succède.
Pour aller plus loin#
- Louis XII : son prédécesseur et beau-père, le « Père du peuple ».
- Les Valois : la dynastie de la guerre de Cent Ans et de la Renaissance.
- Marignan (1515) : la victoire qui ouvre le règne.
- Pavie (1525) : la défaite et la captivité.
- Les guerres d'Italie : soixante ans de campagnes.
- Chambord, Fontainebleau et le Louvre : ses chantiers.
- Tous les rois de France.
Sources#
- Jean Jacquart, François Ier, Fayard, 1981.
- Robert J. Knecht, Un prince de la Renaissance : François Ier et son royaume, Fayard, 1998.
- Ordonnance de Villers-Cotterêts — Archives nationales
Questions fréquentes#
Qui a succédé à François Ier ?
Son fils Henri II, deuxième fils du roi, devenu dauphin à la mort de son aîné François en 1536. Il est sacré à Reims le 25 juillet 1547.
Pourquoi François Ier est-il appelé le roi de la Renaissance ?
Parce qu'il fait venir d'Italie Léonard de Vinci, le Primatice et Benvenuto Cellini, bâtit Chambord et Fontainebleau, fonde les lecteurs royaux (futur Collège de France) et impose le français dans les actes de justice en 1539.
Comment est mort François Ier ?
Il meurt le 31 mars 1547 au château de Rambouillet, à cinquante-deux ans, d'une maladie qui l'affaiblissait depuis des mois. Il est enterré à Saint-Denis.
Combien de temps a régné François Ier ?
Trente-deux ans, du 1er janvier 1515 au 31 mars 1547.